• Protection et mise en valeur des milieux naturels
    Protection et mise en valeur des milieux naturels
  • Implication citoyenne et sensibilisation à l’environnement
    Implication citoyenne et sensibilisation à l’environnement
  • Gestion écologique et revitalisation de milieux naturels
    Gestion écologique et revitalisation de milieux naturels

 

La gestion écologique a pour but de protéger les différents écosystèmes afin de maintenir la biodiversité d'un endroit donné. Dans le cas du parc des Rapides, une équipe composée de spécialistes tels que des biologistes, des naturalistes et des horticultrices tient un inventaire des nombreuses espèces de chaque plante, fleur, poisson, oiseau, reptile, mammifère et insecte habitant le parc. Il est subséquemment possible d'agir en conséquence des états des populations, des situations ou des changements observés. L’équipe s'assure aussi de contrôler les populations, d'analyser les impacts de la présence humaine sur le milieu et de faire un suivi du niveau de l'eau. Cette gestion écologique quotidienne se fait en plus des diverses recherches scientifiques approfondies menées par Héritage Laurentien.

 

 

Aménagements écologiques

 

Renaturalisation, protection et mise en valeur

  • Renaturalisation de milieux naturels perturbés avec des espèces indigènes

  • Stabilisation et protection des berges pour contrer l’érosion

  • Entretien écologique de milieux naturels

  • Plantation de biodiversité

  • Aménagement de corridors verts

 

 

Protection et création d’habitats spécifiques

 

Au fil des années, Héritage Laurentien a effectué quelques aménagements afin de maintenir diverses espèces dans la région.

 

  • Sites de pontes et de repos pour tortues

  • Frayères à dorée jaune

  • Hibernacles à couleuvres

 

La couleuvre rayée a notamment pu grandement bénéficier de nos aménagement d'hibernacles. Un premier fut construit à l'automne 1997 en bordure du ruisseau des hérons, deux furent construits à l'automne 1999 au parc des Rapides et deux autres furent aménagés dans le corridor vert entre 2001 et 2002. Trois autres hibernacles ont été construits en 2005 dans les 400 mètres de rive à l'ouest de la rive de l'île des Sœurs faisant face à la terre ferme. Nos biologistes ont alors exercé les tâches suivantes :

 

  • Identification des principales populations sur l’ensemble des berges du sud-ouest de l’île de Montréal

  • Évaluation de l’effectif de chacune des populations identifiées

  • Étude de la structure des populations (classes d’âges, etc.)

  • Localisation des hibernacles naturels et artificiels potentiels 

 

 

Contrôle d’espèces exotiques envahissantes

 

Le contrôle d’espèces exotiques envahissantes constitue aussi une part importante de notre travail ! Bien qu'une espèce puisse être introduite hors de son aire de répartition à la suite de phénomènes naturels, la plupart des introductions sont liées aux activités humaines. En effet, 90% résultent de l’intervention humaine, qu’elle soit volontaire ou non. Les principales causes sont l’horticulture ornementale, le transport commercial et l’introduction pour des fonctions utilitaires ou pour la pratique de loisirs comme la pêche.

 

Les impacts écologiques des EEE

  • Dégradation des écosystèmes
  • Perte de biodiversité (richesse,équitabilité et diversité)
  • Compétition avec les espèces indigènes
  • Prédation des espèces indigènes
  • Perte des fonctions des écosystèmes bénéfiques à l’humain

 

Les impacts économiques et sociologiques des EEE

  • Coûts associés aux dommages et au contrôle des EEE à l’échelle mondiale : 5% du PIB
  • Coûts associés aux dommages et au contrôle des EEE au Canada : 7,5 MILLIARDS / an
  • Certaines EEE menacent aussi la santé de l’humain et des animaux domestiques

 

Portrait de diverses espèces à contrôler

  La tanche - Tincatinca

La tanche est une espèce de poisson d’origine eurasienne. Alors que 138 000 individus ont été introduits légalement en provenance d’Allemagne pour la pêche sportive aux États-Unis entre 1877 et 1896, l’introduction de la tanche dans nos cours d’eau québécois est due à une importation illégale de 1986. Des gens l’avaient alors élevé dans des étangs privés en bordure de la rivière Richelieu. Les tanches se seraient échappées dans cette même rivière en 1991 suite à de grandes inondations. La première confirmation de l’invasion sur notre territoire date toutefois de 1999. Des tanches ont par la suite été identifiées dans le fleuve Saint-Laurent en 2005.

La présence de tanches ne cesse de s’accentuer au niveau du nombre et constitue une menace directe pour le chevalier cuivré, une espèce endémique et menacée au Québec. Les deux espèces sont en compétition pour la nourriture et l’habitat, mais la tanche est en outre porteuse d’un parasite mortel pour le chevalier cuivré. La compétition s’est également installée avec d’autres espèces de valeur commerciale comme la perchaude et la barbotte.

La tanche affectionne particulièrement les fonds vaseux chargés de végétation des eaux. L’espèce se déplace souvent en banc de quelques individus et trahi sa présence par des bulles de gaz qui s'échappent de la vase dans laquelle elle s’engouffre la nuit à la recherche de larves d'insectes, de mollusques et de végétaux. Le corps de la tanche est très visqueux et recouvert d’un épais mucus. Un individu mesure généralement entre 30 et 40 cm et peut atteindre les 70 cm. Sa coloration principale oscille entre vert olive et noir alors que son ventre est plutôt blanc-jaune. La présence d’une paire de barbillons aux coins de la bouche est aussi un trait distinctif de cette espèce exotique envahissante qui peut étonnamment vivre dans des milieux pratiquement anoxiques (dépourvus d’oxygène) et survivre 24 heures hors de l’eau !

 

Le gobie à taches noires - Neogobius melanostomus

Le gobie à taches noires est une espèce exotique envahissante originaire des mers Noires entre la Turquie, l'Iran et le Kazakhstan qui a été observée pour la première fois sur notre continent en 1990. C’était dans la rivière Sainte-Claire qui sépare l'Ontario du Michigan. Sa colonisation des Grands Lacs se fut subséquemment très rapidement et le poisson a fini par être observé dans le fleuve Saint-Laurent en 1997. L’espèce avait initialement été introduite accidentellement par le relâchement d’eaux usées provenant du lest de navires commerciaux.

Le gobie à taches noires peut être retrouvé dans les lacs et rivières et il affectionne particulièrement les substrats rocheux. Il menace notamment la biodiversité parce qu’il est lui-même particulièrement résistant. Même s’il a une préférence pour les rives, il peut tolérer différentes profondeurs. C’est un poisson d'eau douce qui supporte aussi l'eau légèrement salée. Son comportement variant entre sa situation canadienne et sa situation européenne prouve sa bonne capacité d'adaptation.

Il a aussi un comportement agressif pouvant évincer les populations de poissons indigènes par la compétition pour la nourriture et la prédation des œufs et des jeunes. De plus, il peut se reproduire jusqu’à six fois par année, engendrant entre 500 et 3000 œufs à chaque ponte. Il n’est donc pas surprenant de constater que les populations d’espèces indigènes diminuent suite à l’envahissement du nouvel arrivant eurasien.

La coloration générale du gobie à taches noires est le gris ardoise. La présence d’une tache noire sur sa première nageoire dorsale lui a valu son nom. Sa tête est aplatie et il possède des nageoires pelviennes soudées, des yeux globuleux proéminents et des lèvres épaisses. Il mesure généralement entre 8 et 15 cm, mais peut atteindre les 25 cm. Malgré son esthétique intéressante, apercevoir cette espèce quelque part sur notre territoire constitue malheureusement une mauvaise nouvelle dans une optique de maintien de la biodiversité et d’équilibre des écosystèmes…

 

La tortue à oreilles rouges - Trachemys scripta

L'introduction de la tortue à oreilles rouges dans nos eaux du sud du Québec ne relève pas d'une grande aventure à travers mers et continents, mais simplement d'une mode. En effet, dans les années 1980 et 1990, plusieurs foyers ont acheté à leur animalerie locale cette tortue particulièrement mignonne comme animal de compagnie. Si l'achat semblait amusant à l'époque, c'est qu'on sous-estimait peut-être les conséquences de la durée de vie de 50 ans du nouveau membre de la famille ! C'est ainsi que plusieurs tortues de cette espèce originaire du bassin du Mississippi ont été relâchées dans nos eaux locales.

Si l'histoire peut sembler loufoque, ses conséquences le sont moins. En effet, l'animal est désormais considéré comme une espèce exotique envahissante au Québec. La tortue à oreilles rouges vit dans les cours d'eau calmes et dans les marais, où elle fait figure de compétitrice alimentaire agressive contre les espèces de tortues indigènes. La petite tortue jadis assez mignonne de l'animalerie du coin peut en effet atteindre les 40 cm de longueur. Elle s'est en outre adaptée à notre climat hivernal en pratiquant... l'hibernation !

 

L’agrile du frêne - Agrilus planipennis

L’agrile du frêne est initialement originaire d’Asie du Sud-Est, mais on le retrouve aussi de façon indigène en Chine, au Japon, en Corée et en Russie. Découverte en 2002 en Amérique du Nord dans les villes de Windsor (Ontario) et de Détroit (États-Unis), l’espèce a possiblement été introduite sur le continent par l’entremise du bois d’emballage des marchandises de bateaux de commerce international. À Montréal, c’est uniquement en juillet 2011 que nous avons eu le malheur de constater l’invasion pour la première fois dans des arbres situés près de l'intersection des rues Notre-Dame et Haig.

La menace que représente l’agrile du frêne concerne toutes les espèces de frênes. Les larves que pondent les adultes sous leur écorce y creusent des tunnels bloquant la circulation de la sève. L’arbre hôte en meurt en 2 à 5 ans. Ce constat est tout à fait alarmant considérant que 20 % des arbres de rue à Montréal sont des frênes, ce qui représente environ 200 000 individus. L’introduction accidentelle de cette espèce exotique envahissante a déjà causé la perte de plus de 75 millions de frênes aux États-Unis et au Canada.

L’agrile du frêne recherche constamment la présence de frênes, sans réel égard pour l’habitat. On note sa présence tant en milieux urbains qu’en milieux naturels. L’insecte adulte mesure entre 1,4 et 1,8 cm. La larve peut atteindre 3 cm à son dernier stade. Il se distingue notamment par sa coloration verte métallique et par la présence d’élytres qui couvrent sa deuxième paire d’ailes. Son abdomen cuivré est par ailleurs visible lorsque ces ailes sont déployées.

Un arbre atteint est un signe d’une propagation à venir et devrait être abattu rapidement. La patrouille verte de l’éco-quartier de LaSalle, un organisme chapeauté par Héritage Laurentien, vous aide à détecter l’infection et pourrait bien sonner à votre porte si jamais elle observe des symptômes chez vos frênes avant que vous ne le fassiez !

 

Le roseau commun - Phragmites australis

Si vous avez eu la chance de vous promener dans le parc des Rapides à la fin de l’été, vous avez peut-être remarqué des membres de notre équipe affairés à contrôler et empiler de grandes plantes filiformes. Notre équipe faisait face à une espèce exotique envahissante, le roseau commun !

Il s'agit d’une espèce végétale qu’on peut retrouver dans les prairies humides, marais, fossés, remblais et rivages. On la reconnaît par sa longue tige dressée et forte atteignant parfois jusqu’à plus de 3 mètres de hauteur.

On trouvait avant les années 1960 une variété indigène de cette espèce éparpillée à de nombreux endroits au Québec. Son envahissement est toutefois fulgurant en milieux naturels perturbés du sud de la province depuis les 40 dernières années. Cette prolifération est attribuable à l’apparition d’une souche exotique de la plante qui, contrairement au phragmite indigène, menace la biodiversité par sa tendance à envahir les milieux qu’elle occupe. En effet, on remarque que cette grande graminée pousse de manière très dense et agressive, surtout en milieu perturbé. On relève dans ce cas que le potentiel faunique est nul. De plus, le roseau commun est particulièrement résistant et envahit rapidement les endroits grâce à la dispersion de ses rhizomes.

 

L’alpiste roseau - Phalaris arundinacea

L’alpiste roseau, aussi connu sous les noms d’alpiste faux-roseau et de baldingère faux-roseau, est une variété indigène présente en Amérique du Nord depuis longtemps. Son invasion avait initialement été causée par l’importation massive de cultivars commerciaux européens pour la culture fourragère dans l’ouest du continent. La plante est désormais abondante le long du fleuve Saint-Laurent, principalement entre le lac Saint-Louis et le lac Saint-Pierre.

Les fleurs de l’alpiste roseau sont souvent violacées à la floraison et deviennent brunes à maturité. Son inflorescence (la disposition des fleurs sur la tige d’une plante) est serrée et rassemblée en panicules d’une longueur de 8 à 20 cm groupées en haut des tiges. Ses feuilles d’une largeur de 1 à 3 cm sont allongées et planes. La taille de la plante entière varie considérablement; elle peut mesurer entre 0,5 et 2 mètres.

Les écosystèmes insulaires semblent les plus touchés par la perte de biodiversité associée à la présence indésirable de l’alpiste roseau. Les habitudes agressives de cette plante sont particulièrement gênantes dans l’optique d’une recherche de biodiversité. L’espèce robuste à croissance vigoureuse laisse en effet peu de place à la compétition. Ses nombreuses graines parviennent à dominer complètement les réserves de semences des sols aux endroits où la plante est établie depuis longtemps. En outre, son envahissement se fait rapidement grâce à la dispersion de ses rhizomes. Une grande résistance au froid et aux maladies ainsi qu’une tige souterraine vivace généralement plutôt horizontale engendrant chaque année des racines et des tiges aériennes complètent le profil redoutable de cette espèce exotique envahissante.

L’alpiste roseau ne résiste toutefois pas aux coupes répétées et se limitera aux contours d’une pelouse bien entretenue. Vous serez de toute manière davantage en mesure de croiser le chemin de cette espèce dans les prairies humides, les marais, les fossés et les rivages que dans votre cour arrière à LaSalle !

 

La renouée du Japon - Fallopia japonica

La renouée du Japon est originaire d’Asie et sa première mention au Québec remonte aux écrits de Lord Durham en 1918. Elle avait initialement été introduite comme plante ornementale aux États-Unis à la fin du 19e siècle avant de se propager de manière incontrôlée. Cette espèce dont la floraison estivale perdure parfois jusqu’à l’automne fait partie de la même famille que la rhubarbe, le sarrasin et d’autres plantes de champs. Elle mesure entre 0,7 et 3 mètres et son système racinaire très développé est parfois ancré à plus de deux mètres de profondeur.

La renouée du Japon fait partie des 100 espèces invasives les plus inquiétantes à l’échelle mondiale. Sa reproduction asexuée réalisée par une fragmentation très agressive ainsi que les toxines qu’elle libère à l’intérieur du sol dans le but d’inhiber la croissance de ses compétiteurs en font une espèce des plus menaçantes pour la biodiversité.

En outre, son éradication est très complexe puisque les puissants herbicides permettant de s’en débarrasser ont aussi des effets néfastes considérables pour l’environnement. Et si on ne fait que la faucher, elle réapparaîtra à coup sûr. Sa résistance en général est d’ailleurs étonnante. Un fragment d’une de ses tiges ou d’une de ses racines peut demeurer en dormance durant 10 ans. Sa croissance très rapide en colonie dense et l’absence d’ennemis naturels contribuent également à sa propagation.

En plus de nuire à plusieurs autres espèces végétales, la renouée du Japon transperce à l’occasion des routes et des murs en zone urbaine. Vous ne souhaitez assurément pas avoir cette espèce envahissante à proximité de votre domicile ou des structures de votre ville !

 

La berce du Caucase - Heracleum mantegazzianum

La berce du Caucase est une espèce exotique envahissante introduite récemment au Québec. La première mention de sa présence sur notre territoire remonte seulement à 1990. Elle s’est toutefois rependue rapidement et peut désormais être retrouvée dans plusieurs régions de la province. Il s’agit d’une plante herbacée majestueuse utilisée à la base pour de l’aménagement paysager.

La berce du Caucase représente aujourd’hui certains risques pour la biodiversité qui sont principalement attribuables à la quantité de graines produites par la plante ainsi qu’à sa croissance rapide et sa taille imposante. La principale inquiétude par rapport à cette espèce vient cependant de la menace qu’elle représente pour la santé publique. Toutes les parties de la plante produisent des furanocoumarines causant des phytophotodermatite très sévères. En clair, le contact avec la sève de la berce du Caucase combiné avec l’exposition à la lumière de rayons ultraviolets naturels ou artificiels cause des lésions à la peau s’apparentant à de graves brulures. La sève ne cause aucun dommage en elle-même, mais elle rend la peau extrêmement sensible à la lumière. Les symptômes peuvent apparaitre jusqu’à 48 heures suivant l’exposition et mener à des cicatrices permanentes.

Il est donc important de savoir reconnaître cette plante et de ne pas trop s’en approcher. Elle mesure généralement entre deux et cinq mètres et ses fleurs blanches poussent sur une même tige en formant des regroupements de fleurs de forme arrondie appelées ombelles. Les très grandes ombelles aplaties de la berce du Caucase ont une largeur de 20 à 50 cm. Leur floraison est uniquement estivale. Les feuilles sont également énormes et les tiges cannelées, creuses, et très robustes sont maculées de nombreuses taches violacées.

La berce du Caucase se retrouve dans divers habitats frais, humides et riverains. On doit ainsi être attentives et attentifs à sa présence au bord des berges des cours d’eau, des fossés, des chemins de fer et des routes. N’hésitez pas à appeler Info-Santé au 811 si vous croyez avoir été en contact avec la sève de cette espèce exotique envahissante et particulièrement menaçante !

 

Le myriophylle à épi - Myriophyllum spicatum

Le myriophylle à épi possède des origines multiples : l’Europe, l’Asie et l’Afrique du Nord. Il s’agit d’une plante submergée présente dans les lacs, les rivières, les étangs et les fossés profonds. Elle mesure de 2 à 3 mètres et s’enracine à des profondeurs variant de 0,5 à 10 mètres. Elle pousse vers la surface où elle s’étend et forme un épais tapis. Les premières mentions de sa présence au Québec datent des années 1960. La plante a alors été introduite au pays par les eaux de lest des bateaux commerciaux et par le commerce des plantes d’aquarium. La situation de l’envahissement est stable sur plusieurs tronçons du fleuve Saint-Laurent, mais le myriophylle menace d’envahir ses affluents.

La propagation végétative rapide du myriophylle à épi en fait une menace pour la biodiversité. Il profite beaucoup de l’eutrophisation des cours d’eau qui facilite sa propagation et il remplace rapidement les espèces indigènes submergées. De plus, les denses massifs de myriophylles altèrent les frayères de certaines espèces de poissons.

 

La salicaire pourpre - Lythrum salicaria

La salicaire pourpre est une plante d’origine eurasienne introduite au Canada au début du 19e siècle par les eaux de lest de navires commerciaux. La première mention de sa présence sur notre continent date de 1830. La plante avait été repérée sur la côte est des États-Unis. Sa progression continentale rapide a par la suite été assurée par le développement des réseaux routier et ferroviaire. L’invasion a été renforcée par le potentiel horticole de la plante; elle fut largement distribuée par les centres de jardinage. Les régions les plus touchées sont désormais le nord-est des États-Unis et le sud-est du Canada. La salicaire pourpre est omniprésente dans les paysages humides québécois.

Les prairies humides, les marais, les rivages et les fossés incarnent l’habitat typique de cette plante. Son nom Lythrum vient du grec « lytrôn » qui désigne du sang souillé mélangé de poussières et qui fait allusion à la couleur de ses fleurs. Son nom spécifique « salicaire » désigne le saule et fait allusion à la forme des feuilles de la plante qui pourrait rappeler l’arbre.

La salicaire pourpre mesure entre 0,6 et 1 mètre et est constituée de petites fleurs pourpres de 12 à 15 mm rassemblées en épis terminaux feuillus. Chacune des fleurs ne dure que deux ou trois jours. Des douze dents du calice (ensemble des sépales d’une fleur), six sont inertes, tandis que les six autres ferment la fleur avant l'épanouissement, s'ouvrent pour laisser émerger les six pétales chiffonnés, et se referment encore lorsque la fécondation est achevée. La floraison de la salicaire pourpre est estivale en temps normal et printanière sur les sites submergés.

Malgré la couleur particulièrement jolie des fleurs de la plante, il ne faut pas minimiser la menace qu’elle représente pour la biodiversité. Sa production de graines extraordinaire contribue à cette menace : un seul plant peut produire plus de deux millions de graines par année ! Aussi, son étonnant système racinaire dense et robuste laisse peu de place à la croissance des espèces indigènes compétitrices. L’inexistence de parasites et de prédateurs qui s’en prennent à la salicaire pourpre favorise finalement sa multiplication.

 

Le butome à ombelle - Butomusumbellatus

Le butome à ombelle est une plante aquatique d’origine eurasienne ayant été repérée pour la première fois en sol québécois en 1897. Elle avait alors été aperçue sur les berges du Saint-Laurent. En 1940, elle était devenue présente sur la quasi-totalité des rives des secteurs d’eaux douces du fleuve. L’invasion s’est par la suite étendue jusqu’en Gaspésie et dans les provinces frontalières. Les rivages, les prairies humides, les marais et les fossés sont les habitats favoris de cette espèce exotique envahissante. Son importation avait à la base été réalisée à des fins horticoles.

Le butome à ombelle menace désormais notre biodiversité. Sa stratégie de reproduction asexuée efficace réalisée par une production de bulbilles favorisant la dissémination par le transport aquatique ainsi que sa production de graines particulièrement robustes en font notamment un concurrent féroce pour plusieurs espèces végétales du Québec. Suite à la colonisation d’un nouveau milieu, le butome à ombelle devient rapidement dominant et recouvre souvent plus de 50 % des surfaces environnantes.  Malgré cette dominance, la perte de diversité demeure toutefois modérée.

Il est ainsi possible d’apprécier un peu la beauté de l’espèce sans s’inquiéter de manière excessive pour le moment. Ses fleurs rose pâle à trois parties régulières inégalement pédicellées mesurent entre 10 à 15 mm. Leur floraison a lieu en juin et juillet, mais elle peut aussi s’étendre selon les niveaux des eaux. Les fleurs du butome à ombelle sont aussi constituées de fausses ombelles portées sur une hampe florale dressée et cylindrique. Les ombelles sont les parties dans lesquelles les pédoncules floraux sont tous insérés, au même point de la tige. Les extrémités des feuilles de cette plante bulbifère à gros rhizomes horizontaux ont tendance à former des vrilles. Dans un monde idéal, cette belle espèce exotique cohabiterait mieux avec nos plantes aquatiques indigènes…

Le nerprun bourdaine & le nerprun cathartique - Rhamnus frangula & Rhamnus cathartica

Le nerprun bourdaine et le nerprun cathartique ont des origines multiples communes en Europe, en Asie et en Afrique du Nord. Les deux espèces ont initialement été introduites sur notre continent sans grandes conséquences par le transport maritime à la fin du dix-huitième siècle. L’invasion problématique ne se confirme en effet qu’à la fin du siècle suivant alors que l’arbuste est utilisé à des fins horticoles. Le sud de l’Ontario est désormais gravement touché. Au Québec, le sud-ouest est touché par la présence du nerprun cathartique. L’espèce est encore très localisée, mais semble en expansion. Des colonies importantes sont répertoriées dans les régions de Montréal, Sherbrooke et Longueuil. Le nerprun bourdaine est pour sa part peu abondant dans notre province, mais sa progression est rapide sur les sites où il est observé. Le parc du Mont-Royal est par exemple totalement infesté.

Le nerprun bourdaine est principalement présent dans les milieux humides, mais peut aussi coloniser les milieux plus secs. Il mesure entre 2 et 5 mètres et sa floraison est printanière. Ses fleurs parfois solitaires sont blanches ou jaunâtres, hermaphrodites et souvent regroupées en petites ombelles sessiles (fixées directement sur l’axe, dépourvues de pédoncules) à l’aisselle des feuilles. Ces feuilles sont alternes, d’un vert foncé très brillant et d’une longueur de 4 à 6 cm. Les fruits qui ornent le nerprun bourdaine sont des drupes (fruits charnus à noyau) foncées. Ses graines lisses sont sillonnées au nombre de 2 ou 3 et son écorce est d’un brun grisâtre.

Le nerprun cathartique apprécie pour sa part les milieux secs et il est abondamment naturalisé dans les boisés urbains. Il mesure entre 2 à 7 mètres et sa floraison est printanière; elle a lieu rapidement après la formation des feuilles. Ses fleurs parfois solitaires sont verdâtres, dioïques (les individus ne portent que des fleurs du même sexe) et souvent regroupées en petites ombelles à l’aisselle des feuilles. Ces feuilles sont ovées, régulièrement crénelées, opposées et d’une longueur de 2 à 6 cm. Les fruits qui ornent le nerprun cathartique sont des drupes noires. Ses graines sont sillonnées au nombre de 4 et ses rameaux sont souvent fortement épineux. Une longue épine remplace même parfois son bourgeon terminal.

Le nerprun cathartique est très compétitif et ses invasions entraînent souvent un peuplement monospécifique. Le feuillage épais du nerprun bourdaine et du nerprun cathartique inhibe quant à lui la croissance de la régénération compétitrice par privation de lumière, ce qui constitue une menace pour la biodiversité. Aussi, les petits fruits de ces deux espèces sont toxiques pour les mammifères. Ils agissent comme laxatif pour plusieurs oiseaux, ce qui favorise leur dissémination rapide sur de grandes distances. La crainte d’une éventuelle invasion à plus grande échelle de ces deux espèces au Québec est ainsi bien tangible…

 

La moule zébrée & la moule quagga - Dreissena polymorpha Dreissena bugensis

La moule zébrée et la moule quagga sont originaires de la mer Caspienne en Europe. Elles ont été introduites en Amérique respectivement en 1986 et en 1989. Ces mollusques d’eau douce ont subséquemment envahi très rapidement les Grands Lacs et notre fleuve Saint-Laurent.

L’habitat des deux types de moules se situe dans des eaux douces, peu profondes et ayant un pH supérieur à 7,2. La moule quagga tolère mieux les profondeurs et les températures froides que son analogue. Elle est aussi reconnue pour son habileté à tolérer l’accès à une quantité moins abondante de ressources alimentaires.

La moule zébrée mesure entre 0,5 et 5 cm. Elle est généralement brunâtre avec des rayures blanches ou beiges en zigzag radiaire ou arqué, mais elle possède une grande variation de formes et de couleurs. L’attribution du nom latin de « dreissena » qui signifie « ayant plusieurs formes » pour désigner les deux types de moules au regard de l’apparence des moules qui varie beaucoup d’un individu à l’autre. La moule quagga mesure pour sa part entre 1 et 4 cm. Elle est couramment plus arrondie que la moule zébrée. Elle possède des stries blanches qui sont parfois invisibles, ce qui la rend tout de même difficile à différencier de cette dernière. Sa couleur principale varie entre le noir et le crème. La moule quagga comme la moule zébrée possèdent un ensemble des filaments adhésifs sécrétés à la base du pied qui leur permettent de se fixer sur de nombreux substrats.

La moule zébrée et la moule quagga menacent énormément la biodiversité, même si cela se fait de manière plutôt indirecte. Ces espèces exotiques entrent en compétition avec les moules indigènes, mais sont aussi la source d’une problématique encore plus grande. En fait, chaque moule peut filtrer jusqu’à un litre d’eau par jour, et la filtration excessive des milieux aquatiques mène à une perte considérable de phytoplanctons et de zooplanctons qui constituent la nourriture principale d’une multitude d’organismes. La filtration augmente également la transparence de l’eau qui mène pour sa part à la prolifération de plantes aquatiques.

Les impacts environnementaux de l’invasion de ces espèces exotiques envahissantes sont donc énormes, mais il y a de surcroît des impacts économiques à leur présence et à leurs activités. Une fois que l’espèce est établie dans un plan d’eau, son éradication est pratiquement impossible et des interventions de contrôle périodiques pour en minimiser les impacts deviennent nécessaires à perpétuité, selon le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs du Québec. Et c’est un euphémisme d’affirmer que les coûts de ces mesures de contrôle ne sont pas des plus négligeables…

 

 

Plantes à ne pas cueillir au parc des Rapides

  

Plantes menacées ou vulnérables

 

  • Arisème dragon
Attention à ne pas la piétiner !
http://www.mddelcc.gouv.qc.ca/biodiversite/especes/ariseme/index.htm

 

  • Sanguinaire du Canada
Si vous en trouvez, il faut nous prévenir ! Elle se trouve généralement sur l'île aux Chèvres.
http://www.mddep.gouv.qc.ca/biodiversite/especes/sanguinaire/index.htm
       

 

Plantes dangereuses

 

  • Apocyn à feuilles d'androsème
L'apocyn à feuilles d'androsème a un effet similaire à l'herbe à puce. Il cause une inflammation un peu moins sévère.
http://www.fleursduquebec.com/encyclopedie/1886-apocyn-a-feuilles-d-androseme.html

 

  • Berce du Caucase
Le contact avec la sève de la berce du Caucase combiné avec l’exposition à la lumière de rayons ultraviolets naturels ou artificiels cause des lésions à la peau s’apparentant à de graves brulures.
http://www.mddep.gouv.qc.ca/biodiversite/nuisibles/berce-caucase/index.htm

 

  • Herbe à poux
L'herbe à poux cause des allergies respiratoires par l’entremise du pollen qu’elle génère.
http://www.msss.gouv.qc.ca/professionnels/sante-environnementale/pollens/herbe-a-poux/

 

  • Herbe à puce (sumac grimpant, sumac vénéneux)
L’herbe à puce cause une douloureuse inflammation de la peau. La réaction peut prendre entre 24 et 48 heures avant de se manifester.
http://www.mddep.gouv.qc.ca/pesticides/permis/code-gestion/cpe-indesirable/herbe-puce.pdf

 

  • Morelle douce-amère
La consommation de baies vertes de morelle douce-amère peut causer de sévères intoxications menant parfois la mort, particulièrement chez les jeunes enfants.
http://www.fleursduquebec.com/encyclopedie/1788-morelle-douce-amere.html

 

  • Ortie
L'ortie cause une sensation de brûlure. Habituellement, la réaction est immédiate et ne dure pas très longtemps, contrairement à l'herbe à puces qui peut continuer de causer des lésions pendant plusieurs semaines.
https://www.passeportsante.net/fr/Solutions/PlantesSupplements/Fiche.aspx?doc=ortie_ps

 

  • Panais sauvage
La réaction allergique à cette plante est une brûlure de premier degré qui peut aussi atteindre le deuxième degré. Les lésions ressemblent à un coup de soleil : rougeur, œdème et cloche d’eau, localisés sur la blessure qui sera alors plutôt chaude, très sensible et douloureuse au toucher. Les symptômes débutent environ 24 heures après un contact avec la plante.
http://herbierduquebec.gouv.qc.ca/plante/panais-sauvage